"Vis comme si tu devais mourir demain. Apprends comme si tu devais vivre toujours". Gandhi.
Chose promise, chose due. Au commencement fut Gandhi, qui libéra l'Inde du colonialisme anglais juste en esquivant les balles. Sa doctrine ? La non-violence. Jésus tendait la joue gauche, Gandhi offrait des loukoums. L'estomac anglais, qui en avait pourtant vu d'autres depuis l'invention du boeuf bouilli en gelée, n'a pas survécu. Sauf que les habitants de la perfide Albion, qui sont par définition perfides, avaient un nouveau tour dans leur sac (ou plutôt dans leur carquois, mais si vous êtes sages, demain je vous expliquerai comment vaincre la Noble Armée Française au lance-pierres). Bref.
Les Anglais attendirent d'abord quarante ans (ces enculés de perfides), puis ils firent connaître Paris Hilton. La blondinette, connue pour sa remarquable pratique de la fellation, devint en 2006 la personne la plus exposée médiatiquement au monde (dans ta gueule, Madonna). Et ce, sans l'ombre d'un talent. Paris Hilton taille certes des pipes du meilleur bois, mais on ne lui a donné cette année ni le Goncourt (malgré une biographie... euh... quelqu'un l'a lue ?), ni l'Oscar de la meilleure actrice (malgré un film d'horreur mettant en scène du lubrifiant, à moins que ce ne soit de la cire), ni le Music Award de la meilleure chanteuse (malgré un album pourtant riche en soupe, et de ce fait plébiscité par les mères de famille). Bref.
Jusqu'ici, tout cela n'était qu'un emballement médiatique sans conséquence (après tout, les journalistes français nous ont bassinés avec l'anniversaire des émeutes de novembre alors que trois bus seulement ont crâmé, c'est dire si ça arrive de s'énerver pour rien).
Mais Paris Hilton, il y a deux jours, a demandé que son étoile de la célébrité soit inscrite dans le marbre d'Hollywood. Motif ? "Je ne connais pas la moitié des gens qui y sont. Et en plus, la plupart sont morts. Moi aussi je mérite mon étoile. Après tout, je suis l'une des personnalités les plus connues sur terre !"
Bien vu, Paris. Mais en atteignant un tel niveau de tête-à -claquisme, la Plus Grande Star Vivante n'a pas réveillé que les sarcasmes. Elle a aussi réveillé Gandhi. Avant-hier soir en effet, plusieurs pélerins peuvent en témoigner, la tombe du Mahatma s'est ouverte. On entendit d'abord des râclements émaner de six pieds sous terre. Puis des coups. Après trois heures, Gandhi (un poil momifié, mais pas plus que de son vivant), se leva tel Lazare au milieu de ses fans, signa quelques autographes, puis fonça au premier aéroport, direction les States. Trouze heures plus tard, sur les collines d'Hollywood, écartant Tom Cruise et la Scientologie d'une main, et Madonna et la Kabbale de l'autre, Gandhi se trouva enfin face à face avec Paris Hilton. Et il lui mit un retourné-sauté en travers de la face, parce que ça le démangeait trop.
Le fait est qu'il est difficile d'en vouloir à Gandhi : Jésus aurait fait pareil, mais peut-être avec une arme ou un pied de chaise. En tout cas, le score reste accablant. Non-violence 0 - Paris Hilton 1.
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